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Il y a quelques semaines maintenant j’ai posté cet article-là: « Je pars au combat  »

l’un de ces articles un peu thérapeutique pour moi, où les mots que je pose m’apaisent doucement,

 

des mots  pour mieux comprendre, pour prendre du recul, adoucir la peine,

 

bref, encore une fois, vous avez été là,

je voulais vous donner des nouvelles

parce-que vous le méritez bien,

pour suivre le chemin aussi,

 

et bien voilà, la période est un peu confuse,

 

pas de réponses encore bien sûr, des doutes beaucoup,

se dire que peut-être il n’en est rien de tout ce que j’évoquais là : handicap, MDPH, Est-ce lui, il me semble si loin de tout ce que cela m’évoque, encore je me dis peut-être que ce n’est juste rien,

mais Est-ce que ça peut-être rien? Non… mais peut-être pas autant?

Quels mots ? Quels mots mettront nous sur tout ça, tout ce que j’observe depuis ces années, quels mots?

Je suis tiraillée entre l’espoir d’un ce n’est rien, et la crainte d’entendre ce « ce n’est rien » parce-que si ce n’est rien, enfin selon eux, qu’allons-nous faire de ce rien, qu’allons-nous faire pour qu’il aille bien, qu’allons pouvoir faire pour l’aider face à un « ce n’est rien »?

 

Je pense à Ginie, à son récent billet « Il vaut mieux savoir le plus dur c’est l’attente », j’en suis là Ginie, j’en suis là moi maintenant le pire pour moi c’est l’incertitude, je dis ça aujourd’hui, je ne sais pas ce que je dirais demain, bien sûr, peut-être pas ça, je ne sais pas, mais là aujourd’hui j’ai mal de ne pas savoir, de me sentir si impuissante, de ne pas avoir si il y aura un après différent.

 

Mais parlons de lui,

 

ma lumière, ma poésie,

 

parlons de lui,

encore une fois c’est étonnant, si étonnant,

 

je le traîne de spécialistes en spécialistes,

et il va bien, mieux que jamais,

 

 » tu comprends maman pour bien travailler il faut que j’aille voir la psychologue »

« je le trouve bien ce docteur »

 

il va bien, là maintenant, tout de suite, entre les rendez-vous de l’orthophoniste, ceux de la psychomotricienne, ceux du pédopsychiatre, ceux de la psychologue,

mon fils est heureux

 

mon fils est apaisé,

avec moi aussi, notre relation, je ne pourrais le décrire mais c’est si différent, il me regarde ces jours-ci droit dans les yeux, si profond,  comme il ne le faisait jamais. Ce regard de nourrisson qu’il ne m’a jamais donné auparavant, il y a ces secondes où il me regarde dans les yeux si intensément comme ça immobile quelques secondes, si intensément que je peux presque lire au plus profond de lui et je vois au fond de ces yeux-là comme une immense sérénité et quelques étoiles aussi, de l’espoir. Il me regarde si profondément immobile quelques secondes, j’ai l’impression que ça dure des heures, il me regarde et il sourit et me dit « je t’aime maman », il dit des centaines de fois par jour mais ceux-là, ces je t’aime là les yeux dans les yeux n’ont pas de pareille saveur.

et en l’espace de trois semaines, il a grandit, tellement, je te l’ai dit, il  a deux dents qui bougent, mais il y a aussi ….

il obéit, comme ça du premier coup, il m’entend, il m’aide aussi beaucoup, il met la table, s’occupe de sa sœur

et il rit, il rit aux éclats,

et je ne crie plus, non je ne crie plus

 

alors je ne sais pas, je ne sais pas si c’est le fait de sentir qu’on s’occupe de lui, d’être  rassuré parce qu’il a l’espoir que l’on trouve un moyen de l’aider, je ne sais pas si c’est le fait d’aller moins à l’école

 

je ne sais pas….

 

mais pour la première fois depuis bien des mois

 

je peux dire avec certitude que mon fils va bien,

 

Bien sûr les premiers rendez-vous sont difficiles, à chaque fois je raconte, à chaque fois je pleure, au moment où l’on parle de notre séparation à sa naissance, il vient se mettre sur mes genoux, c’est quand je parle du retour à la maison, qu’il se lève pour retourner jouer,

Mais il y va confiant à ces premiers rendez-vous

Bien sûr, il refuse au premier rendez-vous de leur parler, puis cherche ses réponses dans mes yeux,

Bien sûr quand je quitte la pièce pour le laisser seul avec eux, il s’accroche, pleure, s’agrippe, se braque,

Mais il s’apaise et participe, il joue le jeu des tests pleinement et avec enthousiasme quand il se retrouve seul avec eux

et dans la voiture me dit « maman tu ne t’es pas trompée mais tu as juste oublié de lui dire que j’aime jouer au ballon »

 

Nous avons déjà eu trois rendez-vous avec l’orthophoniste, deux avec la psychologue, un avec le pédopsychiatrique, les rendez-vous pris s’étalent encore jusque fin juin,

moi je n’ai pu avoir rendez-vous que le 10 juin avec un psy pour moi…

 

je nage en eaux troubles, je ne sais toujours pas , je suis tiraillée je l’ai dit, troublée par son comportement et encore une fois il m’épate, dans tout ce tumulte je suis si fière de lui, de sa maturité, j’ai peur encore

 

mais je m’accroche à son sourire, si il a confiance, je peux avoir confiance, il sait, il sait toujours mon être de lumière, mieux que personne,

 

je ne sais pas où nous allons

mais doucement déjà nous avançons.

 

 

 

 

 

 

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